Loi 25 et site web : ce que la petite entreprise doit savoir

La Loi 25 s'applique à votre site web dès qu'il recueille des renseignements personnels, même avec un simple formulaire de contact. Ce guide résume, en termes simples, les obligations qui touchent une petite entreprise et propose une liste de vérification concrète pour votre site. C'est de l'information générale, pas un avis juridique.

Par Jonathan Beaupré8 min de lecture

La Loi 25 en bref : qui est visé

La Loi 25 a modernisé les règles québécoises sur les renseignements personnels. Elle vise toutes les entreprises privées, peu importe leur taille : un travailleur autonome qui reçoit des demandes de soumission par son site est concerné au même titre qu'une grande entreprise. Un renseignement personnel, c'est toute information qui permet d'identifier une personne : nom, courriel, téléphone, adresse, mais aussi l'historique de rendez-vous ou la fiche d'un animal liée à son propriétaire.

Les dates d'entrée en vigueur

DateCe qui est entré en vigueur (principaux points)
22 septembre 2022Responsable de la protection des renseignements personnels, gestion des incidents de confidentialité (avis à la CAI et aux personnes touchées en cas de risque de préjudice sérieux), registre des incidents.
22 septembre 2023La majorité des dispositions : politiques de gouvernance, politique de confidentialité publiée, nouvelles règles de consentement, technologies d'identification, de localisation et de profilage désactivées par défaut, droit à la désindexation, sanctions administratives.
22 septembre 2024Droit à la portabilité : sur demande, remettre à la personne ses renseignements informatisés dans un format technologique structuré et couramment utilisé.

Les obligations de la Loi 25 pour une petite entreprise

Un responsable de la protection des renseignements personnels

Par défaut, le responsable est la personne qui a la plus haute autorité dans l'entreprise : dans un petit commerce, c'est souvent le propriétaire. Cette personne peut déléguer la fonction par écrit, mais elle reste responsable de l'application de la loi. Le titre et les coordonnées du responsable doivent être publiés sur le site web de l'entreprise. Il n'est pas nécessaire d'aviser la CAI.

Une politique de confidentialité en termes simples

Une entreprise qui recueille des renseignements personnels par un moyen technologique, comme un site web, doit publier une politique de confidentialité rédigée en termes simples et clairs, et informer les gens quand elle change. En pratique, elle explique quels renseignements vous recueillez, pourquoi, comment, avec quels fournisseurs ils sont partagés, combien de temps vous les gardez, quels sont les droits des personnes et comment joindre le responsable. Un texte copié d'un autre site, plein de jargon et qui ne décrit pas vos vrais outils, ne remplit pas ce rôle.

Un consentement clair, pour des fins précises

Le consentement doit être manifeste, libre et éclairé, et donné à des fins précises. Chaque fin doit être expliquée séparément, en termes simples. Concrètement : vous utilisez les renseignements d'un formulaire de contact pour répondre à la demande, pas pour inscrire la personne à votre infolettre sans le lui demander. Un consentement exprès est exigé pour les renseignements sensibles.

Témoins et technologies de profilage désactivés par défaut

Si votre site utilise une technologie qui permet d'identifier, de localiser ou de profiler un visiteur, vous devez l'en informer et lui expliquer comment activer ces fonctions. Elles doivent être désactivées par défaut. Les témoins (cookies) publicitaires et de profilage, comme un pixel Facebook, entrent dans cette catégorie. Les témoins strictement nécessaires au fonctionnement du site, comme celui qui garde une session ouverte, ne posent pas le même problème. Un bandeau qui informe sans donner de vrai choix ne suffit pas.

Un registre des incidents de confidentialité

Un incident, c'est par exemple un ordinateur volé avec des fiches clients, un courriel envoyé au mauvais destinataire ou un compte piraté. Toute entreprise doit tenir un registre de ses incidents, même mineurs, et le remettre à la CAI sur demande. Si l'incident présente un risque de préjudice sérieux, il faut aviser la CAI et les personnes touchées, et prendre des mesures pour limiter les dégâts. La CAI propose des modèles sur son site.

Les droits des personnes

  • Accéder aux renseignements que vous détenez sur elles et les faire corriger.
  • Retirer leur consentement.
  • Demander la désindexation ou la fin de la diffusion de renseignements, dans certaines conditions.
  • Recevoir leurs renseignements informatisés dans un format structuré (portabilité, depuis 2024).
  • Être informées quand une décision est prise uniquement par un traitement automatisé, et pouvoir présenter leurs observations à une personne.

Prévoyez simplement comment vous répondrez à ces demandes : une adresse courriel connue, une personne qui s'en occupe et un moyen de retrouver les renseignements d'un client dans vos outils. La CAI peut imposer des sanctions administratives pécuniaires importantes, mais pour un petit commerce, la meilleure protection reste de recueillir peu et de bien l'expliquer.

Liste de vérification Loi 25 pour le site d'un petit commerce

  1. Responsable : publiez son titre et ses coordonnées sur le site, souvent dans la politique de confidentialité et le pied de page.
  2. Politique de confidentialité : rédigez-la en termes simples, décrivez vos vrais outils et mettez un lien visible dans le pied de page et près de chaque formulaire.
  3. Formulaire de contact : ne demandez que le nécessaire (nom, moyen de joindre, message), indiquez à quoi servent les renseignements et ne les réutilisez pas à d'autres fins.
  4. Réservation en ligne : limitez l'accès aux fiches clients aux employés qui en ont besoin, fixez une durée de conservation et sachez où sont hébergées les données. Une communication de renseignements à l'extérieur du Québec demande une évaluation préalable des facteurs relatifs à la vie privée.
  5. Infolettre : demandez un consentement distinct, avec une case non cochée par défaut, et offrez un lien de désabonnement dans chaque envoi (la loi fédérale anti-pourriel, la LCAP, s'applique aussi).
  6. Google Analytics et autres outils de mesure : vérifiez quels témoins ils déposent. Par prudence, activez-les seulement après consentement, ou choisissez une mesure d'audience sans témoins.
  7. Pixel Facebook et témoins publicitaires : désactivés par défaut, activés seulement si le visiteur l'accepte, avec un moyen simple de changer d'idée.
  8. Incidents : créez dès maintenant votre registre, même vide, et notez qui fait quoi en cas de problème.

Ces points valent aussi hors du site : la page Facebook, la fiche Google et les messages automatiques recueillent eux aussi des renseignements. Pour les messages et les rappels, voyez notre guide sur les rendez-vous manqués, et pour comparer vos canaux, notre guide site web ou page Facebook.

Ce que JobeLabs fait sur les sites qu'il livre

Les sites web JobeLabs sont livrés avec une politique de confidentialité rédigée en termes simples, adaptée aux outils réellement présents sur votre site, et sans témoins publicitaires par défaut. Les formulaires ne demandent que le nécessaire. Si vous voulez ajouter un pixel publicitaire, nous l'installons derrière un consentement. Ça vous donne une base solide, mais ça ne remplace pas une vérification juridique complète de vos pratiques : la loi touche aussi vos dossiers papier, vos employés et vos fournisseurs. Pour un exemple de site avec fiches clients, ouvrez la démo toilettage.

Un site prêt pour la Loi 25 dès le départ

Politique de confidentialité incluse, aucun témoin publicitaire par défaut, prix fixe. Voyez les forfaits et ce qu'ils comprennent.

Voir les prix

Questions fréquentes

La Loi 25 s'applique-t-elle à une petite entreprise ou à un travailleur autonome?

Oui. La loi vise toutes les entreprises privées qui recueillent des renseignements personnels, peu importe leur taille. Un formulaire de contact ou une fiche client suffit pour être concerné. Les obligations restent proportionnées : un petit commerce a moins de renseignements à protéger, mais les mêmes règles de base.

Qui est le responsable de la protection des renseignements personnels dans mon entreprise?

Par défaut, c'est la personne qui a la plus haute autorité, souvent le propriétaire. Elle peut déléguer la fonction par écrit à quelqu'un d'autre, mais reste responsable. Son titre et ses coordonnées doivent être publiés sur votre site web.

Ai-je besoin d'un bandeau de témoins (cookies) sur mon site?

Si votre site utilise des témoins de profilage ou publicitaires, comme un pixel Facebook, ils doivent être désactivés par défaut et le visiteur doit pouvoir les activer. Un site qui n'utilise que des témoins strictement nécessaires a beaucoup moins à gérer. Le plus simple est souvent de ne pas installer d'outils publicitaires dont vous ne vous servez pas.

Puis-je utiliser un modèle de politique de confidentialité trouvé en ligne?

Un modèle peut servir de point de départ, mais la politique doit décrire vos vraies pratiques : vos formulaires, vos outils, vos fournisseurs et vos durées de conservation, en termes simples. La CAI publie un guide gratuit pour aider les entreprises à rédiger la leur.

Que faire si un client demande d'accéder à ses renseignements?

Répondez par écrit dans le délai prévu par la loi, qui est en général de 30 jours, et remettez-lui les renseignements que vous détenez sur lui. Depuis 2024, il peut aussi demander ses renseignements informatisés dans un format structuré. En cas de doute sur une demande précise, consultez la CAI ou un avocat.

À propos de l'auteur

Jonathan Beaupré est le fondateur de JobeLabs inc., à Boischatel. Il conçoit des sites web, des systèmes de rendez-vous en ligne et des applications pour les commerces de la région de Québec, dont l'application RinkLog.